Motion pour inscrire la liberté académique dans la Constitution
Avec le groupe socialiste, je dépose au prochain Conseil communal une motion demandant à la Ville de Liège de soutenir la mobilisation pour inscrire la liberté académique dans la Constitution belge.
« C'est l'occasion pour tous les partis représentés au conseil de se réaffirmer démocrates vu le contexte inquiétant. »
Cette motion fait suite aux dérives observées aux Etats-Unis — où l'Université de Berkeley a livré à l'administration Trump une liste d'étudiants et de professeurs — et à la dégradation de la liberté académique enregistrée en Europe. Elle s'inscrit dans le soutien à la mobilisation portée par l'équipe rectorale de l'Université de Liège.
Qu'est-ce que la liberté académique ?
La liberté académique repose sur trois piliers : la liberté de recherche (choisir ses sujets et méthodes), la liberté d'enseignement (transmettre les savoirs sans pression) et la liberté d'expression académique (diffuser ses résultats sans censure). Elle permet une production de savoirs indépendants, à l'abri des pressions politiques, économiques ou idéologiques.
Pourquoi est-elle menacée ?
Selon l'Academic Freedom Index, la part de la population mondiale bénéficiant d'une liberté académique effective est passée de 50 % en 2006 à 33 % en 2023. Aux Etats-Unis, l'Université de Berkeley a livré des listes d'étudiants et de professeurs à l'administration Trump. En Europe, les coupes budgétaires dans la recherche fragilisent l'indépendance des universités.
Un mouvement européen
L'Allemagne et l'Italie ont inscrit la liberté académique dans leur Constitution. En France, le Sénat a adopté une proposition de loi socialiste visant à la protéger juridiquement. En Belgique, l'équipe rectorale de l'Université de Liège mène la mobilisation pour son inscription dans la Constitution belge.
La liberté académique est une condition du développement scientifique et un fondement de nos démocraties. L'Allemagne et l'Italie l'ont déjà inscrite dans leur Constitution. Il est temps que la Belgique fasse de même.
« Partout en Europe, on voit que des indicateurs qui étaient encore au vert sont maintenant passés à l'orange. Il est donc temps d'agir et de porter le débat au niveau fédéral. »
La motion demande au Collège de transmettre cette résolution aux autorités académiques de l'ULiège, au Conseil des rectrices et recteurs francophones, au Vlaamse interuniversitaire raad, ainsi qu'aux parlementaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Parlement fédéral.
Lire la motion (PDF)