Retour à Attractivité du centre-ville

Intervention au Conseil communal

Vincent Bonhomme

Monsieur l'échevin, vous êtes échevin du commerce de Liège depuis maintenant un peu plus d'un an et je vois que vous allez à la rencontre des commerçants. Ce travail de proximité, je pense qu'il est très important et je vous en félicite.

Je vis moi-même dans le centre-ville et je trouve que nous avons des commerces extraordinaires. Mais je vois aussi malheureusement que nous avons beaucoup de cellules vides dans l'hyper-centre : rue Vinâve d'Île, rue des Dominicains, rue Pont d'Île, pour ne citer que celles-là. Et je trouve que c'est un problème en termes d'attractivité du centre-ville.

On a déjà eu l'occasion d'en parler dans votre commission, notamment de deux facteurs qui pourraient peut-être être attaqués lors de cette législature. Je pense par exemple au numérique, évidemment à l'e-commerce, puisque je pense que les Liégeoises et les Liégeois achètent en partie sur internet — et c'est d'ailleurs bien leur droit — mais ils veulent aussi des magasins, des boutiques, parce que le numérique ne peut pas remplacer l'expérience sensorielle des magasins. Je pense que les Liégeoises et les Liégeois veulent le meilleur des deux mondes.

Je pense aussi que le commerce, c'est le vecteur de lien social dans une cité. C'est le cœur même du vivre-ensemble. Du coup, je me demande : est-ce que le numérique ne pourrait pas faire partie à un moment donné de la solution et pas seulement du problème ? Certains commerces qui ont des boutiques en ligne, ça leur permet d'avoir une zone de chalandise plus grande, mais tous les commerçants n'ont pas encore adopté cette pratique. Est-ce qu'on pourrait peut-être les y aider ?

Le deuxième point, c'est celui des loyers. Je me demandais quelles étaient les pratiques dans le centre-ville en termes de montant des loyers des surfaces commerciales. Est-ce qu'on les connaît ? Est-ce que l'observatoire du commerce a des chiffres ? Parce que j'entends quelquefois des montants qui me semblent dépasser tout entendement. Et du coup, si les montants sont trop élevés, est-ce que les propriétaires des bâtiments ne pourraient pas eux-mêmes aussi faire partie de la solution ?

Monsieur l'échevin, les fêtes de fin d'année sont à nos portes. Mais je pense qu'en termes de commerce, c'est une législature qui va être critique pour le centre-ville. Je vous remercie.

Réponse de l'échevin

Monsieur le conseiller, je vous remercie pour votre interpellation. Vous avez raison de rappeler l'importance du commerce pour la vitalité de notre ville. La vacance commerciale n'est pas uniquement le fait de l'e-commerce, mais un phénomène multifactoriel : mutations profondes des modes de consommation, crises successives, impact prolongé des travaux du tram, mais aussi questions liées à la mobilité, la propreté, la sécurité.

Concernant le numérique, je partage votre analyse. Il ne doit pas être vu comme un adversaire du commerce physique mais bien comme un levier complémentaire. C'est dans cette logique que la ville agit depuis plusieurs années pour accompagner ses commerçants dans leur transition numérique. Sous mon impulsion, Liège a adhéré au projet pilote « Formation commerciale » développé en partenariat avec le FOREM Business et l'entreprise BTHIC. Ce programme combine diagnostic, formation et accompagnement personnalisés afin d'aider les PME et TPE à améliorer leur performance, notamment en matière de présence en ligne et de vente digitale.

De plus, la ville s'est associée à l'opération Virtual Shopping Days portée par le Syndicat Neutre des Indépendants (SNI). Cette opération vise à encourager les achats en ligne chez les indépendants : 66 commerçants liégeois y ont participé et les retours sont encourageants.

Pour les loyers, il n'existe pas de corrélation automatique entre leur niveau et la vacance, mais force est de constater que dans certaines rues, les montants demandés constituent un frein réel pour le commerce. Cette situation est notamment liée au déphasage entre la réalité économique du centre et le cadastre et précompte immobilier qui sont restés figés en 1975. C'est pourquoi le collège travaille à sensibiliser les propriétaires à des solutions plus souples comme les loyers progressifs.

Vincent Bonhomme — Réplique

Je vous entends et je me réjouis de la dynamique qui est mise en œuvre. Je pense très sincèrement que les prochaines années vont être vraiment décisives et que dans 5 ans, nous pourrons avoir le fruit des différentes réformes que vous allez mener.

J'ai ici le petit document du SNI justement. Ils font des webinaires qui m'ont l'air absolument impeccables et qu'on pourrait peut-être aussi faire circuler auprès des commerçants : les fondamentaux de Facebook et Instagram, le marketing digital « on reprend les bases », l'e-commerce simplifié « votre boutique en ligne niveau 1 et niveau 2 ». À mon avis, augmenter sa zone de chalandise, c'est vraiment une des clés pour nos commerces. Je vous remercie.

En bref

Le numérique au service du commerce local

L'e-commerce est souvent présenté comme l'ennemi du commerce physique. Vincent Bonhomme propose une autre vision : le numérique peut être un levier pour les commerçants liégeois, en élargissant leur zone de chalandise grâce à la vente en ligne, tout en préservant l'expérience sensorielle et le lien social qu'offre la boutique physique.

Formations et accompagnement

La Ville de Liège a rejoint un programme pilote avec le FOREM Business et BTHIC pour accompagner les PME et TPE dans leur transition numérique. Le Syndicat Neutre des Indépendants (SNI) propose également des webinaires pratiques : marketing digital, fondamentaux des réseaux sociaux, création de boutique en ligne.

Les loyers, un frein à lever

Dans certaines rues du centre-ville, les loyers commerciaux sont en décalage avec la réalité économique. Le cadastre et le précompte immobilier n'ont pas été révisés depuis 1975. La Ville sensibilise les propriétaires à la pratique des loyers progressifs pour faciliter l'installation de nouveaux commerces.