Intervention au Conseil communal
Monsieur le Bourgmestre, je sais qu'il commence à se faire tard mais je pense que c'est un sujet important. C'est une opportunité qu'on ne rencontre qu'une fois dans une vie.
En fait, en 2026, l'Europe — et en fait le European Strategy Forum on Research Infrastructures — va choisir où installer le télescope Einstein. C'est une infrastructure scientifique absolument remarquable, rien de moins que l'équivalent du CERN en Suisse.
Einstein en 1916 avait prédit l'existence d'ondes gravitationnelles en étudiant la naissance de l'univers. Un siècle plus tard, on est enfin capable d'observer ces ondes et c'est en région liégeoise qu'on pourrait peut-être installer le télescope européen capable de les étudier.
C'est un potentiel vivier scientifique, économique gigantesque pour Liège, pour notre université, pour nos hautes écoles et plus largement notre région puisque la candidature est portée par la région Meuse-Rhin.
Monsieur le Bourgmestre, je sais que vous suivez de près cette candidature. Pourriez-vous nous rappeler le calendrier de la décision pour le choix du site du télescope Einstein ? Et pourriez-vous nous indiquer de quelle manière la Ville peut être un partenaire facilitant notre candidature ? Je pense que c'est un dossier très important et je sais que cette candidature est soutenue par d'autres formations politiques. Je pense même qu'on pourra avoir une forme d'union sacrée autour de cette candidature.
Monsieur le conseiller, le projet est effectivement une des grandes infrastructures de recherche considérées par la communauté scientifique comme prioritaire à l'échelle européenne. C'est un observatoire des ondes gravitationnelles, définies par les scientifiques comme des ondulations de l'espace-temps. Grâce à ce télescope qui devrait être 1 000 fois plus précis et puissant que ce qui est réalisé jusqu'à présent, la mesure de ces ondes gravitationnelles est appelée à révolutionner nos connaissances sur l'origine de l'univers.
À l'heure actuelle, il y a deux à trois candidatures pour accueillir cet observatoire : une émanant de l'Italie pour la Sardaigne, et une pour la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. C'est principalement dans le sous-sol de la métropole, plus particulièrement en région verviétoise, que cette infrastructure majeure devrait prendre place, sur base des paramètres géologiques qui sont manifestement favorables.
À Liège, notre université est particulièrement investie tout comme le GRE-Liège. Ce dernier est chargé par le gouvernement wallon de piloter la task force destinée à maximiser les retombées économiques, scientifiques et industrielles de la présence du télescope Einstein en Wallonie. Ces retombées s'annoncent importantes et structurantes pour le territoire.
Le choix de l'implantation doit se réaliser fin 2026 ou début 2027. Je propose de relayer, si les groupes en sont d'accord, l'appui de notre Conseil au sein de la conférence des bourgmestres pour cet investissement exceptionnel susceptible de façonner notre avenir. Cette candidature fait l'objet du plus large consensus, à la fois politique mais aussi des forces économiques, associatives et représentant les travailleurs.
En bref
Le télescope Einstein, c'est quoi ?
Le télescope Einstein est un projet européen d'observatoire souterrain des ondes gravitationnelles, prédit par Einstein en 1916. Mille fois plus précis que les instruments actuels, il révolutionnerait nos connaissances sur l'origine de l'univers. C'est l'équivalent du CERN pour la physique des ondes gravitationnelles.
Une candidature liégeoise
La région Meuse-Rhin (Belgique, Pays-Bas, Allemagne) est candidate pour accueillir cette infrastructure, avec un site potentiel en région verviétoise dont le sous-sol géologique est particulièrement favorable. La décision européenne est attendue fin 2026 ou début 2027. Vincent Bonhomme demande que la Ville de Liège soit un partenaire facilitant de cette candidature.